Interview avec Tom

Interview avec Tom

Tom répond aux questions de Le Quotidien sur les enjeux de l’agriculture et les colères des agriculteurs.

Découvrez son témoignage :

„Le nombre de fermiers diminue, les exploitations sont de plus en plus grandes. J’ai cinq employés pour travailler mes 100 hectares, mais dans une ferme conventionnelle, l’agriculteur est souvent tout seul pour s’occuper de cette surface. Il doit faire face lui-même à tous les questionnements, toutes les incertitudes qui surviennent chaque jour. Psychologiquement, cela doit être épuisant, déstabilisant. Et en plus, ils produisent pour un marché anonyme, puisqu’ils ne se retrouvent jamais en face du consommateur. Ils perdent le sens de leur travail. Je pense que c’est une raison essentielle de leur mal-être psychologique. Le grand problème de l’agriculture, c’est sa déshumanisation.“

Tom insiste sur la nécessité de l’entraide, notamment permise grâce à la Bio Vereenegung, le groupement luxembourgeois qui rassemble plus de 80 exploitations bios ou biodynamiques. «Nous avons besoin de ces structures qui font le travail de l’ombre pour nous représenter et défendre nos intérêts en coulisses», assure-t-il.

Tom Kass mesure sa chance. Sa ferme est totalement ouverte au public, vous pouvez aller y jeter un œil : vous serez les bienvenus. Lui ou sa femme répondront à vos questions avec plaisir. Vous pourrez acheter ses produits sur place. Grâce à ce contact permanent avec le monde extérieur, il vit son métier avec passion, même si être fermier reste incroyablement difficile. «C’est un grand boulot, mais nous, nous sommes fiers de ce que nous faisons. C’est notre récompense!» Et en plus, il n’est pas seul.

Dans la ferme de Tom Kass, il y a un magasin Naturata qui offre autour de 3 000 produits, dont 30 proviennent de l’exploitation. Mais s’ils représentent 1 % de l’assortiment, ils constituent 10 % des ventes. Preuve que les clients savent pourquoi ils viennent chez lui. Mais le fermier reste sceptique. «Je note qu’une majorité des consommateurs soutiennent les agriculteurs en colère, mais je ne suis pas sûr qu’ils aient conscience de faire partie du problème. Ce sont eux qui choisissent leurs achats, qui mettent les produits dans le panier. Si les fermiers ont tant de difficultés, c’est aussi parce qu’ils ne veulent pas acheter au vrai prix des choses. En prenant le moins cher, sans regarder comment et par qui ils sont produits, on ne peut pas jouer le jeu d’une agriculture heureuse…» „

Merci à Erwan Nonet pour ce bel article !

Lien vers l’article complet en ligne : https://lequotidien.lu/a-la-une/gardiens-de-la-nature-nous-nous-sommes-fiers-de-ce-que-nous-faisons/